Visite d’équipements bois énergie chez un agriculteur

Retour sur la visite d’équipements bois énergie réalisée automne 2008 chez un agriculteur « pionnier » de l’ouest audois.

visite-bois-energieTrente personnes ont participé à la visite d’une chaudière polycombustible et démonstration d’un broyeur, mercredi 29 octobre 2008, à Peyrefitte-sur-l’Hers.

Le bois énergie est la filière renouvelable qui présente le plus d’intérêt en termes de bilan énergétique, d’emploi local… et d’aménagement du territoire.

Alors que les collectivités audoises et le Conseil Général de l’Aude lancent véritablement la filière avec les premières chaudières collectives (Narbonne, Salsigne, bientôt Carcassonne, Castelnaudary et Belcaire), les agriculteurs peuvent apporter une contribution à l’approvisionnement local.

Les agriculteurs peuvent jouer sur deux tableaux :

– un auto-approvisionnement avec la baisse de leurs charges de chauffage en remplaçant leur chaudière fioul ou gaz par une chaudière à plaquettes de bois, quand les besoins sont suffisamment importants pour justifier l’investissement.

– une diversification économique avec la vente de plaquettes pour des petites chaudières privées ou publiques, en direct ou à travers des plateformes de stockage gérées par des collectivités.

Pour identifier les contraintes de la mise en œuvre d’une chaudière à plaquettes ainsi que le choix d’un broyeur, dans une démarche individuelle ou collective, Pôle Energies 11 a organisé une après-midi chez Daniel Laroque, agriculteur dans la Pïège, mercredi 29 octobre. Trente personnes ont participé, agriculteurs ou conseillers agricoles en majorité, ainsi que des élus de Fontiers-Cabardès et deux professionnels du chauffage au bois (Franck Lencioni-Valdebois / Jean Plassard-11 rénovation).

Sollicité pour approvisionner ses voisins

visite-peyrefitteDaniel Laroque se chauffe depuis 2 ans avec une chaudière polycombustible Reka de 30 kW. Pour alimenter cette machine danoise, il utilise son propre bois, rémanents de bord de chemins autour de sa ferme. Il transforme ce bois avec un broyeur et stocke les plaquettes sous un hangar largement ouvert sur l’extérieur. « La première année, j’ai broyé du bois vert et j’ai été très surpris par le phénomène de fermentation. La fumée était impressionnante mais ce n’est pas dangereux car ça ne monte pas à plus de 60°c », souligne-t-il.

Désormais, il broie du bois qu’il a laissé sécher quelques mois à l’entrée de la ferme. Mais l’utilisation d’un petit broyeur lui apparaît comme un facteur limitant pour une éventuelle vente du surplus. Car il est sollicité par de plus en plus de voisins qui pensent remiser leur chaudière fioul au profit de chaudière à plaquettes.
L’intérêt d’un broyeur en CUMA

Christophe Gleizes, technicien de la FD Cuma a rappelé les grandes lignes de l’étude menée par le Pôle sur la forêt paysanne en Chalabrais. Il démonte l’intérêt économique qu’il y a à se regrouper pour investir dans un broyeur de taille moyenne avec les équipements permettant une productivité intéressante. Car sinon cet équipement coûteux risque d’être sous-utilisé, et non amorti.

L’argument de l’action collective porte aussi sur la capacité à répondre à des marchés de petites collectivités ou de privés ayant des besoins de chauffage importants. Ici, le regroupement autour d’un broyeur doit se doubler d’une organisation commerciale collective.

Une démonstration d’un broyeur danois PC Stal pouvant accepter un bois d’un diamètre de 27 cm également été réalisée. Cet outil a la particularité de pouvoir produire des petites plaquettes de 15 mm de diamètre.

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