Habitat social (très) positif à Castelnaudary

habitat-social-positifDeux maisons individuelles d’Habitat Audois ont officiellement reçu le 19 juin 2014 le label « Bâtiment à Energie POSitive Effinergie 2013 ». C’est une « première » en France pour un bailleur social. Retour sur cette expérience et la visite organisée en octobre 2013 au centre de recherches de Terreal.

 

Le Bâtiment Basse Consommation d’énergie est aujourd’hui la norme dans la construction neuve. Pour les pionniers, place au BEPOS : le Bâtiment à Energie POSitive… Pour le groupe Terreal et le bailleur social Habitat Audois, c’est déjà une réalité avec la concrétisation du projet « Habitat Social Positif » à Castelnaudary. Une quinzaine d’entreprises du bâtiment de l’Aude, accompagnés d’élus chauriens, a pu s’en rendre compte lors d’une visite organisée en octobre 2013 par Pôle Energies 11, en lien avec la FFB et la CAPEB.

La visite s’est déroulée en deux temps. Elle a débuté par la découverte du centre de recherches de Terreal, à Castelnaudary. Fort de quinze permanents, il amène l’expertise à ce groupe industriel qui emploie quelque 2 500 personnes dans le monde. « Nous travaillons sur trois grands axes : les matières premières et les couleurs, les produits et les systèmes constructifs, l’efficacité énergétique de notre procédé de fabrication  », indique Eric Weiland, responsable du centre. « Sur ce dernier point, nous améliorons les procédés de fabrication de nos usines : la terre cuite a beaucoup d’avantages mais elle consomme de l’énergie lors de sa cuisson, ce qui impacte le bilan carbone. C’est aussi une question économique pour nous en tant qu’industriel : nous dépensons environ 30 millions d’euros par an en gaz pour nos différents sites de fabrication  ».

Le retour de la brique de terre crue

Le but de la visite était centré sur les efforts de Terreal à l’échelle de l’habitat. Pour obtenir des logements BEPOS, il convient d’abord d’abaisser les besoins énergétiques des bâtiments. Ici, Terreal poursuit l’amélioration continue des matériaux de construction en brique, que ce soit pour le confort d’hiver ou pour le confort d’été. Par exemple, des briques monolithe « hauteur d’étage » affichent une résistance thermique (R) de 3,4 grâce à l’inclusion de matériaux isolants ; leur système d’emboîtement doit éviter les ponts thermiques tandis que la masse gardée en face interne du logement doit permettre de passer l’été de façon confortable, sans la « béquille » de la climatisation.

Toujours pour le confort d’été, Terreal expérimente différents pigments sur des tuiles : sans que l’on voit la différence à l’œil, le procédé abaisse de 13°C par rapport à une tuile « standard » les apports solaires de la toiture ; et ce sans surcoût pour l’acheteur final. À partir de ses travaux de recherches, Terreal remet aussi au goût du jour les cloisons intérieures ou contre-cloisons en briques de terre crue, apportant par leur masse de l’inertie aux logements et, surtout, jouant un rôle de régulateur d’humidité.

Pour être BEPOS, il faut ensuite rendre « productives » les surfaces de toit. « Nous avons eu l’idée de récupérer l’air chaud qui se trouve sous les tuiles, qui peut monter jusqu’à 60-70 °C  », explique Eric Weiland. D’où la conception d’un collecteur d’air, placé dans la lame d’air ventilée en sous-toiture. Connecté à un chauffe-eau thermodynamique, il viendra améliorer le rendement de celui-ci d’environ 10 % selon les estimations du centre de recherches de Terreal… dont le responsable voit déjà au-delà de 2020, quand les capteurs solaires seront généralisés avec le BEPOS : «  automatiquement, nous devrions alors moins vendre de tuiles ; pour nous y préparer, nous travaillons avec une start-up sur la création d’une gamme destinée à recevoir des cellules photovoltaïques ».

Logements sélectionnés dans un appel à projet régional

Quelques uns de ces nouveaux produits ont été mis en œuvre dans les deux logements livrés courant décembre 2013 à Castelnaudary par le bailleur social Habitat Audois. Présent à la visite, Armand Cathala, son directeur général adjoint,souligne le travail collaboratif entre l’office HLM et l’industriel. « Quand nous avons été sollicités par la mairie de Castelnaudary pour construire des logements sociaux sur l’éco-quartier des Vallons du Griffoul, nous avons voulu expérimenter ensemble en répondant à l’appel à projet régional pour les bâtiments à énergie positive ».

Le projet chaurien a d’ailleurs été sélectionné car, malgré des contraintes urbanistiques fortes qui impactent l’aspect bioclimatique, tous les critères ont été respectés. « Nous avons fait le choix d’un fonctionnement simple : pas de VMC double flux, par exemple, mais un poêle à granulés de bois pour chauffer chaque logement… Vu la conception, la majeure partie des consommations d’énergie sera sans doute l’électricité spécifique ». Un programme de suivi sociologique réalisé par l’équipe de l’universitaire toulousaine Marie-Christine Zelem devrait être riche d’enseignement pour voir comment les occupants « vivent » ce logement.

Des charges d’énergie réduites et un loyer de base à 470 €/mois pour un T4 avec garage et petit jardin, le tout dans une maison à énergie positive (le revenu du photovoltaïque permettra à Habitat Audois de couvrir le surcoût de la labellisation BEPOS)… Difficile de mal le vivre a priori.

Fiches descriptives de deux innovations techniques de Terreal :
tuiles-confort-ete-Cool_Roof
– recuperateur-air-chaud-hot-roof

Lien vers la page du site de Terreal présentant la réalisation du bailleur social Habitat Audois : Terreal et les logements BEPOS Habitat Audois