Dérèglement climatique : quels impacts et quelles actions dans l’Aude

roland-courteauRetour sur les premières Rencontres du Plan Climat Energie Territorial en Pays de Couiza

Un débat sur l’un des 4 territoires audois portant un PCET, qui démontre l’intérêt de l’action locale et témoigne d’attentes sur le respect de la biodiversité.

En 2009, la Région et l’ADEME lançaient un appel à proposition pour inciter les territoires du Languedoc-Roussillon à se doter d’un Plan Climat Energie Territorial. Parmi les 13 candidatures retenues, 4 sont audoises : Carcassonne Agglo, le Grand Narbonne, le Pays Corbières&Minervois… et le Pays de Couiza.

Ce dernier territoire est le plus rural des 13 lauréats : faiblement peuplé mais étendu et composé de prairies, de forêts et de vignes, il sera à la fois impacté par le dérèglement climatique au niveau des équilibres naturels… Et bien placé pour produire des énergies renouvelables, dont on sait qu’elles sont une partie de la réponse au problème généré par l’exploitation des hydrocarbures pour les activités humaines.

Accompagné depuis le début par Pôle Energies 11 dans la mise en œuvre de son Plan Climat, la communauté de communes du Pays de Couiza a organisé vendredi 6 septembre des rencontres ouvertes au grand public. Comme l’a indiqué Jérôme Rousset, l’un des 3 élus porteurs de la démarche avec Jean-Claude Pons et Jean-Claude Vayssière, « le PCET est une « boîte à outil » pour les communes, selon leur volonté et leurs moyens ». Henri Barbaza, président de cette intercommunalité soulignant que « le PCET sera « fil rouge » de l’action de la CdC : on s’interrogera chaque fois sur la cohérence de nos actions avec le Plan Climat ».

Roland Courteau : « le climat languedocien sera proche du climat grec »

Présent à ces premières « Rencontres du Plan Climat », le sénateur audois Roland Courteau a rappelé l’importance de l’échelon local dans la lutte contre le changement climatique : « le sort n’est pas seulement fixé par les gouvernements »… Et celà nous concerne directement puisqu’il a rappelé la hausse prévisible des températures de 4°C d’ici la fin du siècle selon la Banque mondiale :  » le climat languedocien sera proche du climat grec, avec des gains attendus en productivité du vignoble bourguignon mais une baisse en Languedoc-Roussillon ». L’impact serait parmi les plus forts en Russie et sur les pourtours de la Méditerranée. L’évaluation du coût des risques côtiers en Languedoc-Roussillon est ainsi de 15 milliards euros d’ici la fin du siècle.

Pour Roland Courteau, le changement viendra de démarches collectives : « l’action territoriale est essentielle » a-t-il rappelé en insistant sur l’aspect économique : « La facture énergétique française est de 66 milliards d’euros par an. Le débat sur la transition énergétique, c’est la construction d’un nouveau modèle, une création d’emplois non délocalisables, de nouvelles filières industrielles et un premier gisement : les économies d’énergie ». Faut-il comme en Grande-Bretagne interdire les bâtiments « passoires », s’est-il-interrogé ? Il y en aurait 19 000 dans l’Aude. À Couiza, l’action passera notamment par la réhabilitation de logements communaux, qui feront monter en qualité l’offre locative…

Le sénateur a également indiqué que les énergies renouvelables doivent permettre à un territoire comme le Pays de Couiza de retrouver une certaine autonomie : « il faut les développer, dont le petit éolien où il y a des attentes au niveau du monde agricole, sans pour autant faire n’importe quoi ».

« La parenthèse des hydrocarbures »

Simon Cossus, directeur de la coopérative Enercoop Languedoc-Roussillon, l’indique à l’attention de tous les sceptiques : « la parenthèse du charbon et du pétrole aura duré 200 ans ; les énergies renouvelables ont été les premières utilisées et seront toujours là ».

Sur le territoire du Pays de Couiza, la consommation d’énergie est d’environ 150 GWh, dont 15 % d’électricité. Tandis que la seule production d’électricité est d’environ 50 GWh (centrale éolienne de Roquetaillade de 23 MW, essentiellement, centrale hydroélectrique de 400 kW et centrale photovoltaïque de 200 kW). Il n’y a pas de données sur la production de bois énergie déjà existante et pour laquelle une grande marge de progression existe.

Le débat de Couiza a fait apparaître des attentes sur le respect de la biodiversité quand il y a production d’énergies renouvelables… Un sujet de fond sur lequel Pôle Energies 11 compte mettre toute l’expertise de ses membres au service des collectivités audoises.