Atouts et contraintes du thermodynamique pour l’eau chaude

Atelier technique Chauffe-eau thermodynamique
Atouts et contraintes du thermodynamique pour l’eau chaude
Pôle Energies 11 a organisé un atelier technique, couplé à une visite, le 26 octobre 2013 sur le Carcassonnais

thermodynamique-eau-chaudeComment installer de façon qualitative un chauffe-eau thermodynamique ? Quels avantages et quels inconvénients, par rapport à du solaire thermique notamment ? Quels prix selon les techniques employées ? Quel entretien ?

Pour répondre à toutes ces questions, Pôle Energies 11 a organisé un atelier technique le 26 octobre à Carcassonne, avec un portage par trois de ses membres : la Chambre de métiers, la CAPEB et l’AICVF. La première partie a été consacrée à la visite commentée d’une installation réalisée par l’artisan audois Didier Pamies, dans une maison neuve des Constructions Minervoises, à Villesèquelande.

Ici, le chauffe-eau thermodynamique a été mis en œuvre selon les règles de l’art, dans un cellier non chauffé mais isolé. Car il ne faut absolument jamais le placer dans un garage. Le cellier étant ici inférieur à 20 m2, il était nécessaire de gainer l’entrée et la sortie d’air, car le volume de l’air ambiant de la pièce aurait été insuffisant pour assurer un bon fonctionnement. « Dans une pièce de 20 m2, le chauffe-eau thermodynamique peut entraîner une baisse de 3 à 4°C de la température de l’air quand il n’est pas gainé sur une sortie d’air extérieure », indique Stéphane Touron, représentant la marque Atlantic. Pour ce type d’installation sur air ambiant, il faut compter autour de 2 800 € HT. L’installation branchée sur l’air extrait d’une VMC, plus qualitative car faisant entrer un air déjà chaud, coûte généralement 500 à 600 € de plus. Ceci reste moins cher que le chauffe-eau solaire, dont l’installation revient aujourd’hui à 4 000 € HT.

Bien dimensionner le stockage

« Avec la nouvelle réglementation thermique dans le neuf, le poste eau chaude représente désormais plus de 40 % des consommations d’énergie d’une maison », a souligné Daniel Dedies, président de la section régionale de l’AICVF. Or il ne suffit pas de poser un chauffe-eau solaire ou thermodynamique pour être assuré d’une faible consommation. Pour le solaire, « il y a intérêt à travailler avec un ballon solaire totalement indépendant de l’appoint », rappelle Daniel Dedies. Pour la thermodynamie, « il faut raisonner différemment du système classique de l’accumulation : il vaut souvent mieux un ballon de 200 litres, que l’on a intérêt à vider le plus possible de manière à avoir le meilleur coefficient de performance possible », assure Stéphane Touron.

Durée de vie annoncée : 20 ans…

C’est d’ailleurs l’une des conclusions de la campagne d’essais menée par le COSTIC et restituée par l’ADEME, laquelle met aussi en avant la dégradation du coefficient de performance (COP) de 40 à 60 % quand la température de consigne du ballon est de 60°C au lieu des 45 à 50°C souhaitables.

Il faut souligner enfin le manque de recul sur cette technologie, commercialisée massivement depuis seulement 3 ans. En matière d’entretien, un filtre peut être nettoyé deux à trois fois avec un aspirateur avant d’être remplacé. Des modèles sont équipés d’une double protection : barreaux de magnésium, qui se dégradent, et anode en titane, pour limiter les effets de la corrosion et du calcaire. Les fabricants annoncent des durées de vie de 20 ans pour le chauffe-eau thermodynamique… À suivre.

A télécharger :
Les_Solutions_Confort_RT2012_Capeb_Pole_energie_11
Etude_Ademe-Chauffe-eau-thermo