
Connaître sa facture d’énergie, c’est déjà pouvoir agir sur elle. Aujourd’hui, les dépenses énergétiques d’une exploitation agricole représentent souvent un poste économique important… et méconnu, en particulier dans le secteur viticole.
Depuis le 1er janvier 2011, Pôle Energies 11 et la chambre d’agriculture de l’Aude proposent aux agriculteurs audois de faire des économies d’énergie en réalisant au préalable un diagnostic énergétique de leur exploitation. Ce nouveau service répond à une demande croissante d’un monde agricole qui a intérêt à diminuer ses charges, dans un contexte d’augmentation constante du coût des énergies. Baisser sa consommation d’énergie a également un impact positif sur le bilan carbone de chaque exploitation : une donnée à prendre en compte dès aujourd’hui, même si l’instauration d’une « taxe carbone » a été – provisoirement ? - rejetée au niveau français.
Ce service arrive au bon moment puisque l’Etat et l’Europe relancent le Plan de Performance Energétique (PPE) pour les exploitations agricoles. Ce programme comprend des aides à l’investissement pour les agriculteurs, que ce soit pour l’isolation de locaux professionnels, les équipements de régulation ou de production d’énergie (pompes à chaleur, solaire…). La réalisation préalable d’un diagnostic énergétique est nécessaire pour l’obtention de ces aides à l’investissement.
Concrètement, pour assurer ce service, le technicien de Pôle Energies 11 se déplace chez l’agriculteur. Il y relève les consommations d’énergies directes (le carburant pour les tracteurs, l’électricité pour les équipements…) et d’énergies indirectes (engrais, produits phytosanitaires, matériaux pour les bâtiments…). Il en sort un classement des postes les plus énergivores, ainsi qu’un positionnement des performances énergétiques de l’exploitation parmi un panel d’exploitations locales. Au final, le diagnostic débouche sur un « plan d’actions » (réglages, travaux…), bien hiérarchisées et destinées à améliorer le bilan énergétique de l’exploitation une fois mises en application. L’intégration d’équipements de productions d’énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolien…) peut être une des pistes préconisées. Mais la priorité est donnée aux mesures de sobriété et d’efficacité énergétique, souvent bien plus rentables en kWh et en quantités de CO2 évités que l’installation de nouvelles unités de production d’énergie.
Le nouveau service a aussi pour fonction de combler un déficit d’information sur les consommations énergétiques en viticulture. Les bilans réalisés sur les exploitations viticoles, avec le logiciel « Diaterre », serviront ainsi à la constitution d’une base de données régionale en la matière.
D’autre part, les vignerons qui possèdent un outil de vinification peuvent bénéficier d’un diagnostic complet des consommation d’eau et d’énergie du chai, réalisé grâce au logiciel « Amethyst ». « Pour les caves particulières, les résultats de ces diagnostics pourront être valorisés économiquement mais aussi commercialement », souligne Emmanuel Rouchaud, chef de service du Pôle viticulture à la chambre d’agriculture de l’Aude.
Ces diagnostics favorisent donc également l’obtention d’aides à l’investissement de la part de l’Etat et de l’Europe, qui relancent le Plan de Performance EnergétiquePPE… Le temps et l’argent investis par les chefs d’exploitation agricole seront rapidement amortis. Soulignons d’ailleurs que le coût est en grande partie pris en charge par la chambre d’agriculture et par l’Ademe, voire en totalité si l’action se déroule dans le cadre d’une formation Vivea…
Dans un second temps, en fonction du succès rencontré, un élargissement de ce service devrait être réalisé dans le courant 2011 pour l’ensemble des entreprises du département, à l’exception des grands bâtiments industriels.
Contacts :Céline Houly - 04 68 11 39 54
Mathieu Lopez - m.lopez@pole-energies11.org