
La norme internationale définissant le petit éolien s’exprime en termes de surface balayée par les pales : moins de 200 m2. Par « petit éolien », on peut aussi entendre des aérogénérateurs d’une puissance inférieure à 36 kW. Ceci constitue une barrière sur le plan du raccordement électrique. En deçà, il est relativement facile de se raccorder sur le réseau de distribution basse tension.
Dans l’Aude, le « petit éolien » est utilisé depuis plus de 25 ans pour l’électrification de sites isolés du réseau électrique. Depuis quatre ans, quelques machines installées dans la campagne audoise injectent directement sur le réseau.
Les aérogénérateurs à axe horizontal – autrement dit à hélices – donnent les meilleures garanties actuellement sur les plans technique et économique. D’ailleurs, le Conseil Régional Languedoc-Roussillon ne subventionne que ce genre d’éoliennes. Toutefois, quelques prototypes d’éoliennes à axe vertical de faible puissance semblent émerger. Leur avantage est avant tout pour l’utilisation en milieu urbain (bruit, exploitation de vent faible ) avec des caractéristiques (production, investissement) plus proche de la filière photovoltaïque.
Dans le « petit éolien », nous pouvons distinguer deux sous-catégories :
l’éolien domestique, appelé aussi « micro-éolien » : de quelques
centaines de watts à 5 kW, qui couvre tout ou partie de la consommation
électrique spécifique d’un ménage. À titre d’exemple, un aérogénérateur
de 2 kW peut produire dans l’Aude entre 3 000 et 4 000 kWh par an,
suivant la machine et le site. Le coût peut varier de 1 000 à 25 000 €.
les machines de 5 à 36 kW permettent un complément de revenu mais
représentent un investissement important (jusqu’à 100 000 €)
- Toute éolienne de plus de 12 mètres de haut nécessite un permis de construire délivré par le préfet (si vente du kWh) ou par le maire (si autoconsommation).
pour une bonne production et une durabilité du matériel, il est
fortement recommandé de placer l’éolienne sur un mât d’une vingtaine de mètres et non en dessous de 12 m., surtout pour des puissances
supérieures à 2 kW.
il n’existe pas encore de tarif d’achat spécifique pour le « petit
éolien ». C’est soit le tarif valable pour le grand éolien (8 c€/kWh au
mieux), soit le tarif « prix d’achat = prix de vente » (le kWh est
vendu au même prix qu’EDF le vend au propriétaire de l’éolienne). Le tarif d’achat a été voté par le Parlement. Le paiement passe exclusivement par EDF, qui répercute le coût sur le consommateur final d’électricité à travers une ligne contribution au service public de l’électricité.
pour bénéficier du tarif d’achat, il faut que le projet entre dans le cadre d’une Zone de Développement Eolien (ZDE), proposée par une collectivité locale et validée par le préfet de département. Cette mesure prise par le législateur pour encadrer le développement du grand éolien constitue un frein important pour le petit. Rien n’empêche cependant de chercher un contrat d’achat directement avec un fournisseur d’énergie, pour s’exonérer de la procédure ZDE. Soulignons ici notamment l’action du distributeur Enercoop, qui commercialise du kWh issu du petit éolien.
la Région Languedoc-Roussillon propose une subvention de 25 % de
l’investissement, conditionnée par le passage de la machine sur un site d’essai indépendant (le SEPEN, par exemple - voir ci-dessous) et le conseil en amont auprès d’un Espace Info Energie. Soulignons que depuis fin 2010, cette subvention exclut les éoliennes à axe vertical et les éoliennes fixées sur le bâti.
À voir : le Site Expérimental du Petit Eolien de Narbonne (SEPEN),
au-dessus du domaine de Montplaisir. 3 à 4 aérogénérateurs de moins de 10 kW sont testés en permanence par des bureaux d’études indépendants audois.
À lire : Le dossier paru dans la revue Systèmes solaires n°174 (juillet-août 2006), ainsi qu’un article de référence avec l’interview des principaux acteurs de la filière, dont les bureaux d’études du SEPEN