
Selon la définition la plus répandue, la biomasse est « la fraction dégradable des produits, déchets et résidus provenant de l’agriculture, de la sylviculture et de ses industries connexes, ainsi que la fraction biodégradable des déchets industriels et municipaux ». Les AGROCARBURANTS ne représentent qu’une partie de la ressource et des usages de la biomasse agricole. La valorisation de la biomasse d’origine forestière est couramment appelée filière BOIS ENERGIE.
Au niveau français, la ressource de biomasse est plutôt abondante et territorialement bien répartie. On l’estime à prés de 50 Millions de Tonnes d’équivalent Pétrole (TEP), dont 40 Millions de TEP qui pourraient être issus d’une utilisation de 15% la Surface Agricole Utile (SAU) actuelle (soit environ 8 Millions d’ha).
Au niveau audois, outre la valorisation des produits et surtout co-produits issus des quelques 180 000 ha de forêt, on estime que l’on pourrait produire 100 000 TEP sur environ 50 000 ha de SAU. Mais toutes les « biomasses » ne sont pas équivalentes : certaines sont plus adaptées à certains usages qu’à d’autres
On distingue 3 grands types d’usage de la biomasse :
par combustion, pour faire de la chaleur
par fermentation, pour faire du gaz (biogaz)
par co-génération, pour faire de la chaleur et de l’électricité
A ces 3 usages on rajoutera biensûr la fabrication de carburant. Ainsi, les plantes ramassées vertes ou les effluents d’élevage (fumiers, lisiers) seront très bien adaptés à la production de biogaz, alors que la paille ou le bois seront mieux valorisés par combustion. De plus, en terme de bilan énergétique (c’est à dire de rapport entre l’énergie renouvelable produite et l’énergie fossile consommée), il peut y avoir des variations de 1 à 10
Exemple : le bilan énergétique de la canne à sucre pour fabriquer du bioéthanol est de 8, alors que celui du blé ou de la betterave utilisé pour le même usage est de 2.
Enfin, il est important de savoir connaître le rendement énergétique de différentes plantes ou produits agricoles. On retiendra ainsi qu’une tonne de paille (on en produit dans l’Aude entre 3 et 4 tonnes à l’ha) correspond à 400 litres de fuel (soit une production d’environ 1500 l de fuel à l’ha…).
Autre exemple de produit audois : 1 tonne de sarment correspond à 320 l de fuel (à 15% d’humidité).
Toutes ces notions sont importantes lorsqu’il va s’agir d’adapter la culture au terroir pour produire de la biomasse . On aura le choix pour cela entre :
la valorisation des co-produits des cultures existantes (paille, sarments…)
la mise en place de cultures à forte production de matière sèche à l’hectare (canne de provence, myscanthus…).
Taillis à Courte rotation ou à Très Courte Rotation
En zone viticole, sur les terres libérées par l’arrachage, on fera bien attention de plus à choisir des cultures tolérantes au sec… afin de construire des filières locales pertinentes !