Jean-Louis Borloo a présenté le 17 novembre les grands axes des conclusions du Grenelle de l’environnement en matière d’énergies renouvelables.
Certaines parties sont précisément chiffrées et ciblées. Exemple : aides supplémentaires à la recherche et développement d’un milliard d’euros, dont 400 M€ pour des démonstrateurs industriels. Cet effort important est à relativiser par rapport à la situation actuelle où les renouvelables captent moins de 5 % de la recherche publique sur les énergies, le nucléaire en prenant plus du trois-quart. D’autres parties de l’annonce sont plus floues. Exemple : les pompes à chaleur seront toujours soutenues mais la présentation semble sous-entendre que seules les PAC dites géothermiques le seront.
Précisons que tous les objectifs chiffrés devront être confirmés dans la prochaine loi de programmation pluriannuelle des investissements (PPI) qui sera votée en 2009.
Jean-Louis Borloo confirme la volonté de la France de « porter à au moins 20% en 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale, soit un doublement par rapport à 2005 » . C’est « en cohérence avec l’objectif proposé dans le projet de paquet « climat-énergie » actuellement en cours de discussion au niveau de l’Union européenne ».
Le ministre du développement durable a rappelé le scénario de développement des énergies renouvelables du Grenelle pour 2020 : une fois n’est pas coutume en France, priorité à la production de chaleur (+ 10,1 Mtep attendus) sur la production d’électricité (+ 7,2 Mtep attendus). Pour la chaleur d’origine renouvelable, le Grenelle mise énormément sur la biomasse (+ 6,2 Mtep) et toujours sur l’éolien pour l’électricité (+4,9 Mtep).
Le Grenelle maintient le photovoltaïque à un niveau minime (+0,5 Mtep) tout en évoquant « un changement d’échelle majeur », puisque la puissance passerait de 13 MW en 2007 à 5400 MW en 2020, soit davantage que toute l’Europe réunie à ce jour. Jean-Louis Borloo annonce pour la fin de cette année un appel d’offres pour la construction d’ici 2011 d’au moins une centrale solaire dans chaque région française, pour une puissance cumulée de 300 MW, dont 20 MW pour la région Languedoc-Roussillon.
Les prix d’achat du kWh des filières d’électricité renouvelables sont confirmés, certaines ayant droit à quelques modifications mineures. La filière petit éolien n’est ici toujours pas reconnue.
Un fonds « chaleur renouvelable » sera créé en 2009, avec « un milliard d’euros – sur trois ans - pour développer le bois, le solaire, les pompes à chaleur, la géothermie, le biogaz, ... dans l’habitat collectif, le tertiaire et l’industrie ».
Le Grenelle mentionne une volonté d’aller vers une démarche « haute qualité environnementale » en matière d’énergie, en particulier pour l’éolien et l’hydraulique. La question des agrocarburants est quasiment ignorée, la référence étant les productions dites de seconde génération au stade de la recherche.
Enfin, une large place est faite aux démarches de planification territoriale, sans information claire sur les moyens affectés pour les réaliser.