Après le gaz naturel, qui a enregistré une hausse d’environ 15 % en l’espace de six mois, c’est au tour des tarifs de l’électricité de connaître une hausse significative depuis le 15 août 2010 : plus 3 % pour les particuliers ; plus 4 à 5,5 % pour les entreprises et collectivités.
Ces augmentations sont en partie la conséquence du changement opéré dans le mode décision : ce n’est plus le gouvernement qui a le dernier mot mais la Commission de Régulation de l’Énergie, organisme indépendant qui examine les demandes des opérateurs en charge des tarifs régulés. Pour le gaz, GDF-Suez a su faire valoir qu’il était contraint par des contrats d’approvisionnement à long terme coûteux ; pour l’électricité, EDF a mis en avant la nécessaire relance des investissements (nouveaux réacteurs nucléaires EPR, centrales au gaz, renforcement du réseau électrique…).
Même si elle est plus limitée que la hausse de prix du gaz, celle de l’électricité est l’une des plus fortes de ces 20 dernières années. Il faut signaler qu’un premier "rattrapage" avait été effectué l’an dernier sur les tarifs de l’électricité pour les entreprises et les collectivités. Selon un expert comme Jacques Percebois, professeur d’économie à l’Université de Montpellier, cette tendance devrait se confirmer dans les années à venir pour l’électricité au vu des nombreux investissements programmés.
C’est peut-être le signal de la fin d’une énergie "bon marché". Après les soubresauts constatés sur le pétrole, dont l’extraction sera de plus en plus coûteuse, le réajustement sur le gaz naturel, voilà que "l’exception française" pour l’électricité commence à être retouchée.
En 2009, selon les statistiques de l’Etat, la France était en 6ème place au niveau de l’Union européenne pour le prix de son kWh au particulier, juste derrière les anciens pays du bloc de l’Est… près de 5 c€ TTC inférieur à la moyenne européenne !
Ces hausses actuelles et à venir vont rendre nécessaires - et rentables - des actions d’économies d’énergie dans les bâtiments, ainsi que la substitution d’énergies fossiles par les renouvelables dans la production de chaleur. Encore faut-il cibler les actions et bien s’entourer dans la prise de décision, par le biais de bureaux d’études indépendants, ou de Pôle Energies 11 et des Espaces Info Energies pour un premier "débroussaillage".
Revers de la médaille, les personnes socialement les plus fragiles vont avoir un peu plus de difficultés à régler leur facture énergique. Or l’on sait que l’Aude est particulièrement touchée par le phénomène de précarité énergétique. Plus que jamais, les collectivités audoises sont appelées à jouer un rôle moteur… à commencer dans leur propre patrimoine bâti.