
Doit-on choisir entre protection du patrimoine et développement des énergies renouvelables ? À cette question, le guide rédigé collectivement par le STAP de l’Aude, Pôle Energies 11, la CAPEB et le CAUE répond "non".
Si l’on respecte des principes d’intégration déclinés dans ce petit document, il est ainsi possible d’avoir du solaire thermique dans les centres anciens. On veillera ainsi à ne pas dépasser une surface d’environ 2 m2 par capteur. Le photovoltaïque peut également trouver sa place dans les villes et villages de l’Aude, y compris dans les périmètres de site classé, si la "nappe" de capteurs s’adapte au bâti, et non l’inverse comme c’est souvent le cas.
Ainsi, plus que de "jeter" des capteurs bleus au milieu d’une toiture orange composée de tuiles canal, il est conseillé de constituer une surface homogène sur un bâtiment annexe ou sur un auvent. Ici, l’intérêt technique rejoint le patrimonial : en choisissant de positionner ses capteurs photovoltaïques sur un garage, par exemple, on limite les dégâts liés à de possibles ruptures d’étanchéité et, suivant les cas, on pourra plus facilement assurer la ventilation des panneaux, donc gagner en rendement de production d’électricité.
Pour la protection du patrimoine bâti, éviter le recours systématique au positionnement des capteurs sur le toit principal est primordial : il faut préserver l’homogénéité des vues sur les villes et villages en évitant de toucher à cette "cinquième façade" qu’est le toit.
Il faut accepter que certains endroits ne puissent accueillir des capteurs photovoltaïques, sachant que la priorité dans l’ancien est le renforcement de l’isolation ou l’amélioration des systèmes de chauffage. Sachant aussi qu’une grande majorité du bâti audois pourra accueillir des capteurs solaires, si possible de façon qualitative. C’est l’ambition de ce guide.